ASUNCION, 23 juin 2012 - Le nouveau président du Paraguay, investi vendredi après la destitution de Fernando Lugo, est un chirurgien de 49 ans, critique acerbe du vénézuélien Hugo Chavez, mais qui revendique s'inspirer des politiques de centre-gauche de Lula au Brésil ou Michelle Bachelet au Chili.
"Je ne crois pas que Chavez soit un exemple (de gouvernant) qui mérite d'être cité. Le peuple est fatigué des autocrates qui limitent les libertés", avait confié il y a quelques temps à l'AFP l'ancien vice-président paraguayen, membre du Parti libéral.
"Un pays où il n'y a pas de liberté de la presse, un pays où les autorités élues par le peuple (...) ne peuvent pas gouverner, nous ne pouvons pas l'accepter dans le Mercosur", le marché commun regroupant le Paraguay, l'Uruguay, l'Argentine et le Brésil, et dont le Venezuela est membre associé.
"Et qu'est-ce que ça veut dire de gouverner par décret (comme le fait Hugo Chavez depuis 18 mois) sans participation du Congrès ? C'est ça, la démocratie ?", s'interrogeait alors celui qui a finalement été nommé président après que le Congrès eut destitué son prédécesseur.
M. Franco estime que le Paraguay, qui a connu plus de 30 ans de dictature jusqu'en 1989, n'est pas encore prêt pour une gauche radicale. "La gauche extrême, la marxiste, la trotskiste, est déjà périmé, terminée. Les gouvernements de centre-gauche comme ceux Tabaré (Vazquez en Uruguay), Lula (da Silva au Brésil), (la Chilienne Michelle) Bachelet, au contraire, ont été des réussites. Je m'inspire plus de ceux-là", expliquait-il.
Homme discret marié à la députée Emilia Alfaro, M. Franco a gravi les échelons politiques, depuis un poste de conseiller d'une agglomération de la région d'Asuncion, avant de devenir maire puis gouverneur du département central du pays.
Aucune sympathie de Lugo
Pré-candidat du Parti libéral radical authentique (PLRA, centre-droit) pour l'élection présidentielle de 2013, il a prêté serment vendredi, après la destitution éclair de son compagnon de ticket présidentiel, l'ancien évêque Fernando Lugo, premier président de gauche du pays, élu en 2008.
M. Lugo n'avait aucune sympathie pour son vice-président, qu'il a plusieurs fois marginalisé, en ne l'invitant notamment pas à des réunions du conseil des ministres, malgré sa fonction de facilitateur entre l'Exécutif et le Parlement.
"Si je disais que nous partageons beaucoup de choses, je mentirais, mais ma relation avec lui (était) bonne, professionnelle et responsable", disait-il à l'époque à l'AFP à propos du président déchu.
Quand il a lancé sa pré-candidature présidentielle, il affirmait être sûr que M. Lugo, qui avait fait part de son intention de ne pas se représenter, finirait par l'appuyer. "J'ai été un bon camarade de Lugo", insistait-il.
Généralement sérieux et observateur, il scrute ses interlocuteurs comme s'ils les auscultaient, fidèle à sa formation médicale.
"Grâce à dieu, dans les endroits où je vais, je suis bien reçu. Les gens me reconnaissent", affirme-t-il sans modestie, se qualifiant de "prévisible".
Du Parti libéral, deuxième force politique du pays derrière le parti Colorado (droite), qui a tenu d'une main de fer le Paraguay pendant plus de 60 ans, jusqu'à l'élection de Fernando Lugo, il dit avoir acquis une certaine "musculature". Il y milite à la suite de son père, également médecin.
Vendredi soir, dans sa première conférence de presse de président désigné, il a fait part de son souhait d'intégrer dans son gouvernement l'ensemble des tendances politiques du pays.
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samedi 23 juin 2012
jeudi 14 juin 2012
Hugo Chavez se dit en bonne santé
CARACAS (Reuters) - Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est dit samedi en bonne santé après des examens médicaux consécutifs à son traitement contre le cancer, mais n'a pas donné beaucoup de détails sur sa maladie devenue un sujet de premier plan à quatre mois de l'élection présidentielle.
La maladie du président donne un tour très particulier à la vie politique vénézuélienne et éclipse les autres points importants de la campagne pour l'élection présidentielle du 7 octobre, comme par exemple la décision de l'opposition de se rallier à une candidature unique. Une rechute du chef de l'Etat pourrait limiterait sa capacité à faire campagne.
Le président, qui a subi trois opérations dans la région pelvienne, a indiqué avoir subi une batterie de tests dont une IRM (imagerie à résonance magnétique).
"C'était il y a quelques heures. Tout s'est très bien passé", a déclaré Hugo Chavez lors d'un chat avec les journalistes au palais présidentiel où il est apparu en bonne santé et de bonne humeur.
"Après l'opération et la radiothérapie, je me sens très bien", a-t-il affirmé.
Il n'a pas dit s'il aurait besoin de traitement supplémentaire ni s'il avait l'intention de retourner à Cuba, où il a suivi l'essentiel de son traitement sur l'année écoulée.
Après avoir communiqué pendant plusieurs semaines via Twitter ou par appels téléphoniques à la télévision publique après une radiothérapie fatigante, Hugo Chavez a progressivement accru ses apparitions publiques.
Cela n'a pas pour autant fait taire les interrogations des Vénézuéliens, dont beaucoup pensent que le maintien de sa "révolution bolivarienne" ne tient qu'à son leadership charismatique.
Lundi, le président devrait annoncer sa candidature officielle lors d'un grand rassemblement, prévu pour être le plus important depuis l'annonce de son cancer en juin 2011.
Samedi, Hugo Chavez a toutefois évité de dire qu'il était "délivré du cancer", comme il avait dit l'an dernier. Quelques mois plus tard, il avait dû retourner à Cuba pour une troisième opération.
Des informations selon lesquelles il n'aurait plus que quelques mois à vivre continuent à être diffusées.
De source proche de l'équipe médicale présidentielle, on indique que l'état de santé du chef de l'Etat est "délicat" et qu'il a commencé à enregistrer une forte douleur à une jambe le mois dernier en raison de la progression de la maladie.
Des journalistes, et notamment un journaliste d'opposition en vue, ont affirmé que Hugo Chavez prenait de puissantes opiacées pour soulager la douleur d'un cancer dont ils disent qu'il s'est propagé aux os.
Brian Ellsworth et Deisy Buitrago; Danielle Rouquié pour le service français
lundi 28 mai 2012
La plus grande décharge d'Amérique latine ferme ses portes juste avant Rio+20
RIO DE JANEIRO - Sur une montagne d'ordures, un homme se repose sous un vieux parasol avant de reprendre son travail de tri à Gramacho, la plus grande décharge d'Amérique latine, située au bord de la baie de Rio. Elle fait vivre 20.000 personnes, mais le gouvernement a décidé de la fermer avant Rio+20.
Le terrain est instable et avec le poids des camions, on sent bouger cet ancien marécage, où les ordures, certaines toxiques, s'accumulent depuis sa création en 1976, en pleine dictature, sans jamais avoir été traitées de façon adéquate.
En 2004, une série d'infiltrations sont apparues dans cette décharge qui recevait 8.000 tonnes d'ordures par jour et la mairie de Rio a décidé de fermer Gramacho.
Sa fermeture a été repoussée à plusieurs reprises et finalement fixée au 1er juin, juste avant Rio+20 du 13 au 22 juin, le sommet de l'ONU sur le développement durable, où sont attendus 115 chefs d'Etat et 50.000 participants du monde entier.
Avant la fermeture, quelque 2.000 catadores, comme on appelle au Brésil les personnes qui trient et vendent les ordures passibles d'être recyclées, se sont associés pour demander à la municipalité de les indemniser et ils ont fini par recevoir une prime de 7.500 dollars.
Que deviendront ces familles?
Mais tous les catadores ne sont pas satisfaits et beaucoup s'interrogent sur l'avenir des centaines de familles de la petite ville contiguë de Gramacho, où vivent 20.000 personnes, quand cet argent aura été dépensé.
La fermeture de la décharge aura un impact très grand sur nous car pour beaucoup c'était la seule source de revenus. Que deviendront ces familles ? Recevoir 7.500 dollars c'est rien pour celui qui y a travaillé toute sa vie, a déclaré à l'AFP Ana Carla Nistaldo, 32 ans, qui a passé ici la moitié de sa vie.
Dans sa maison située dans le quartier de la décharge, il y a deux télévisions, un micro-ondes et un lecteur DVD, et elle montre avec fierté les bagues, les cadres et les porte-photo qu'elle a fabriqués à partir de déchets.
J'ai élevé mes enfants avec l'argent des ordures et ils n'ont manqué de rien, dit-elle.
Selon la mairie, le tri manuel a rapporté l'an dernier près de 12 millions de dollars au total.
Chaque catador se spécialise dans un matériel (plastique, métal, papier ou verre) qu'il revend à l'un des 42 dépôts du quartier ou à des tiers.
En dépit des risques que représentent les ordures toxiques, comme le méthane produit à partir de la décomposition et les maladies contractées, travailler dans la décharge est pour beaucoup la meilleure option dont ils disposent.
On nous paye au jour le jour, environ 45 dollars par jour, c'est mieux que pour un travail en ville, a déclaré le jeune Everton, l'un des rares ayant des projets pour l'avenir.
Je suis prêt à dépenser la moitié de mes indemnités pour faire des études, a-t-il expliqué.
Au Brésil, le salaire minimum est de 622 reais par mois (306 dollars).
Pendant 36 ans, ces travailleurs de l'ombre ont montré, parfois au prix de leur vie, qu'ils pouvaient être des acteurs clé du développement durable. Au Brésil, 60% des villes ne traitent toujours pas leurs déchets.
Les ordures qui allaient à Gramacho seront transférées dans une autre décharge de la zone ouest et gérées par une entreprise privée. Une autre société, Nova Gramacho, sera en charge de l'exploitation du gaz méthane de Gramacho, qui en 15 ans rapportera 232 millions de dollars en crédits carbone, d'après la mairie de Rio.
(©AFP / 28 mai 2012 06h10)
dimanche 30 octobre 2011
Bernard Cassen : l’Amérique latine se consolide à gauche
Bernard Cassen, président d’honneur d’ATTAC et secrétaire général de Mémoire des luttes, analyse les mesures progressistes prises par les gouvernements d'Amérique latine, qui s’installent entre la gauche et le centre gauche. Victime de campagnes de désinformation et de dénigrement par les grands médias, le continent le plus stable du monde selon Cassen, où « l’intégration passe moins par l’économique que par le politique », insiste-t-il, devrait servir d'exemple à l'Europe.
L’Amérique du Sud est en train de sortir du libéralisme ?
C’est un bien grand mot. Même si le socialisme du XXIème siècle est revendiqué comme objectif, il y a plutôt une convergence vers un modèle de type social-démocrate (celui de l'Europe des années d'après-guerre), sans remise en cause globale et immédiate du capitalisme et de l’économie de marché. Ce qui prime est la volonté d'éliminer la pauvreté et de réduire les inégalités, même si on est très loin d’y être arrivé complètement, de redistribuer les richesses, de récupérer les ressources naturelles, le tout s'accompagnant d'une prise de distance vis à vis du libre-échange. L’Amérique latine s’installe entre la gauche et le centre gauche.
A partir du début des années 2000, l’objectif prioritaire des luttes de tous les mouvements sociaux latino-américains a été de mettre un coup d’arrêt au projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA ou ALCA en espagnol et en portugais), de l'Alaska à la Terre de Feu, impulsé par Washington. Ce projet aurait en effet permis aux Etats-Unis d’institutionnaliser des relations totalement asymétriques et de recoloniser ainsi le reste de l’hémisphère. Le libre-échange est en effet un outil au service des forts et au détriment des faibles. Le projet a finalement été enterré en 2005 sous la pression conjointe de Hugo Chavez, de Lula et de Nestor Kirchner.
De nouvelles structures d'intégration, essentiellement politiques, ont ensuite vu le jour, sans que les Etats-Unis soient conviés à en faire partie : en 2008, l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) dotée de surcroît d'un Conseil de défense. C’est une « première » depuis le Traité de Rio de 1947, dit Traité américain d’assistance réciproque (TIAR), qui n’était ni plus ni moins qu’un instrument permanent d’intervention de Washington. D’un point de vue géopolitique, il s’agit de renforcer le mouvement vers une pluri-polarité du monde.
Quant à la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) qui regroupera tous les pays de ces deux zones (dont Cuba), elle sera officiellement mise en place en décembre prochain à Caracas.
Par ailleurs, en décembre 2004, a été lancée par Cuba et le Venezuela une construction inter-étatique radicalement nouvelle : l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), à laquelle se sont ensuite incorporés la Bolivie, le Nicaragua, l'Equateur et trois petits Etats anglophones (La Dominique, Antigua-et-Barbuda et Saint-Vincent-et-les Grenadines). Le Honduras, qui en était également membre, en a été retiré par les putschistes qui ont renversé le président Manuel Zelaya en juin 2009.
Quelle est l'originalité de l’ALBA ?
Ce n'est pas une zone de libre-échange, mais un espace politique et économique organisé, fondé sur la solidarité, la complémentarité et la prise en compte des asymétries.
Sa finalité est avant tout sociale : la lutte contre la pauvreté, le chômage, l’exclusion, pour l'accès gratuit et universel à l’éducation et la santé, pour la préservation de l’environnement. En favorisant le commerce intra-zone, parfois sous forme de troc, et en réduisant au maximum l'utilisation du dollar comme monnaie d’échange. D'où la création d'une monnaie commune virtuelle des pays de l'ALBA (comme l'était, en Europe, l'ECU avant l'euro) : le SUCRE.
L’Amérique latine est-elle unie idéologiquement ? N’y a-t-il pas deux pôles : d’un côté les pays de l’ALBA, justement, et, de l’autre, le Brésil ?
Par ignorance ou pour tenter d'isoler les gouvernements les plus engagés dans la transformation sociale et le refus de l'ingérence de Washington (en premier lieu le Venezuela), les grands médias prétendent qu’il y aurait « deux gauches » qui s'opposent en Amérique latine : d’un côté une gauche radicale, celle de Chavez, Correa et Morales, et, de l’autre, une gauche « raisonnable », représentée par le Brésil de Lula puis de Dilma Roussef, l'Uruguay, le Pérou d'Ollanta Humala et l'Argentine de Cristina Fernandez, veuve de Nestor Kirchner, triomphalement réélue à la présidence le 23 octobre (si tant est que l'on puisse ainsi classer le péronisme).
En fait, on constate un continuum entre les gauches de ces pays, chacune ayant sa spécificité. Elles s’emboîtent les unes dans les autres. Leurs dirigeants se rencontrent ou se parlent en permanence et sont animés d'une volonté commune : celle de construire la Grande patrie latino-américaine pensée par Simon Bolivar, d'oeuvrer à la justice sociale et de se débarrasser de la tutelle du grand voisin du Nord.
Bien sûr il existe des conflits historiques, comme entre la Bolivie et le Chili, mais que nul ne songe plus à trancher par les armes. Plus prosaïquement, se présentent des contentieux économiques qui se règlent au fur et à mesure : entre le Brésil et l’Argentine sur les importations ; entre l’Argentine et l’Uruguay sur la construction d’une usine de pâte à papier qui présentait des risques de pollution du fleuve Uruguay, etc.
Au plan politique, on peut parler d’une véritable convergence. En Colombie, le nouveau président, Juan Manuel Santos, a pris le contrepied de son prédécesseur Alvaro Uribe en se réconciliant avec le Venezuela. Il se comporte comme un membre de la grande famille latino-américaine et non plus comme un relais régional des Etats-Unis. L’autre Etat pro-américain, le Pérou, est également passé au centre-gauche avec l’élection de Ollanta Humala. Il y a un seul gouvernement ouvertement de droite, celui du Chili, dirigé par l’homme d’affaires Sebastian Pinera, qui a annoncé qu’il voulait gérer le pays comme une entreprise : c’est un échec lamentable !
Cette réussite n’est-elle pas très dépendante d’un fort protectionnisme, et de ressources énergétiques et en matières premières importantes ?
Ce protectionnisme n’est pas si fort, et en tout cas pas plus que celui des Etats-Unis ! Mais il n’y a effectivement plus de course aux traités de libre-échange ! Ensuite, il faut reconnaître que la politique d’aide aux plus démunis en Argentine est financée par le boom des exportations agricoles, notamment du soja, et elle n’est tenable que si ces exportations se maintiennent à un très haut niveau. Quant à la manne pétrolière du Venezuela, évidemment, le pays en vit, mais, contrairement à ses prédécesseurs, Chavez en a fait bon usage pour le financement de programmes sociaux de très grande envergure. Il en a également fait profiter les pays d’Amérique central et de la Caraïbe, via le projet PetroCaribe. Combien de dirigeants diraient comme lui : « Le hasard a fait que le pétrole est ici, mais il appartient à l’Amérique du Sud » ?
Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions. En Amérique latine, et en premier lieu au Brésil, la richesse est toujours scandaleusement mal répartie. Et pourtant Lula a quitté le pouvoir avec 80% d’opinions favorables. Que s’est-il passé ? Dans son bilan, il a évoqué les 30 millions de personnes sorties de la pauvreté et l’émergence des classes moyennes. Mais s’il a été plébiscité par les classes populaires et moyennes, il l’a aussi été par les couches les plus riches qui, sous ses deux mandats, sont devenues encore plus riches ! La forte croissance a fait grossir le gâteau, mais n’a pas modifié la répartition des tranches.
Comment ont évolué les rapports entre les Etats-Unis et l’Amérique latine ?
A l’orée de son premier mandat, George Bush – qui baragouine l’espagnol -, avait annoncé son intérêt pour le sous-continent, ce qui n’était pas de bon augure. Les circonstances ont fait qu’il s’est trouvé mobilisé ailleurs après le 11 septembre. Le malheur des uns…
Il faut cependant mettre à son « actif », l’appui au coup d’Etat avorté du 11 avril 2002 au Venezuela, comme à l’ « actif » d’Obama l’appui de fait au coup d’Etat de juin 2009 au Honduras contre le président élu Manuel Zelaya. La politique des Etats-Unis en Amérique latine est restée pratiquement identique d’un président à l’autre. Mais elle a trouvé en face d’elle un continent de plus en plus soudé pour lui résister. En témoignent, comme nous l’avons vu plus haut, l’échec de la ZLEA, la création de l’ALBA, de l’UNASUR et de la CELAC.
Aujourd’hui, la priorité des priorités de Washington est de déstabiliser le Venezuela dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre 2012 à laquelle Chavez sera à nouveau candidat. Les services américains financent les opposants au gouvernement bolivarien, organisent contre lui des campagnes de presse, parfois grotesques, mais qui trouvent des relais complaisants dans les grands médias, plus particulièrement en Espagne et en France.
Dans les mois qui viennent, il faut s’attendre à une intensification de la désinformation contre Chavez. A cet effet, les agents de la CIA implantés dans les ambassades américaines sont à la manoeuvre un peu partout en Europe. Un de leurs objectifs est de créer un « cordon sanitaire » autour du gouvernement vénézuélien pour l’isoler non seulement de la droite, mais aussi des forces de gauche en Europe. Sont aussi visés les mouvements de solidarité avec le Venezuela et l’Amérique latine.
L’Amérique latine pourrait-elle servir d’exemple à l’Europe ?
Bien sûr ! Ce qui frappe en Amérique latine, c’est que l’intégration passe moins par l’économique que par le politique. C’est la volonté politique qui prime, l’exemple de l’ALBA étant à cet égard significatif. C’est aujourd’hui le continent le plus stable du monde, on devrait donc s’y intéresser ! Or ce qui est sidérant, c’est le peu d’intérêt que la majorité de la gauche européenne lui porte, pour partie en raison du matraquage médiatique hostile. A cet égard, les agissements de la CIA et du département d’Etat ont porté leurs fruits. Le terrain est d’autant plus facile à occuper pour la propagande américaine que peu nombreux sont les dirigeants de gauche qui ont un minimum de culture « latine » et qui parlent espagnol ou portugais.
Ceux qui ont une bonne connaissance de l’Amérique latine et qui en tirent vraiment les enseignements sont Alain Lipietz (mais il n’a plus de responsabilités nationales chez les Verts EE) et surtout Jean-Luc Mélenchon. Le candidat présidentiel du Front de gauche y a fait plusieurs voyages d’études, il parle bien l’espagnol, et le titre de son livre Qu’ils s’en aillent tous !est un clin d’œil au mouvement social argentin du début des années 2000 avant l’arrivée au pouvoir de Nestor Kirchner. A un degré moindre, j’ajouterai Olivier Besancenot qui se réfère souvent au Che et qui a fait des visites à Cuba et au Venezuela.
Et, chez les socialistes, Arnaud Montebourg ?
Posez-lui la question ! Je note que, dans son entourage proche, Christiane Taubira, élue de la Guyane, est très sensibilisée aux questions latino-américaines. Par ailleurs, Montebourg a cité la modalité du référendum révocatoire prévue par la Constitution vénézuélienne comme un exemple à suivre pour une VIème République.
Au sein de la gauche du PS, Benoît Hamon et le maire du 14ème arrondissement de Paris, Pascal Cherki, sont également très attentifs à ce qui se passe en Amérique latine. En revanche, je n’ai jamais entendu François Hollande ou Martine Aubry s’exprimer sur le sujet.
Pourquoi ce manque d’intérêt ?
Je crois que l’Amérique latine donne mauvaise conscience aux dirigeants sociaux-démocrates : il y a dans cette région du monde des processus de transformation sociale qu’ils n’auraient peut-être pas le courage de mettre en place en France. Au mieux, ils ne veulent pas voir ce qui se passe là-bas, ils regardent ailleurs. Au pire, ils reprennent à leur compte les campagnes de désinformation et de dénigrement des grands médias.
L’Amérique latine est aujourd’hui la seule région du monde où, certes de manière parfois désordonnée, des gouvernements mettent en œuvre des mesures réellement progressistes, créent les conditions de la participation populaire, rompent avec les dogmes néolibéraux, mettent le projet politique au poste de commandement et instaurent, dans le cas de l’ALBA, des formes de relations internationales fondées sur la solidarité et non pas la concurrence.
Ces expériences mériteraient logiquement d’être étudiées et soutenues par tous les mouvements de gauche en Europe. Ce n’est pas – ou pas encore - le cas. Sans doute parce qu’elles constituent un vivant reproche pour tous ceux qui ont renoncé à changer la société autrement qu’en paroles.
C’est un bien grand mot. Même si le socialisme du XXIème siècle est revendiqué comme objectif, il y a plutôt une convergence vers un modèle de type social-démocrate (celui de l'Europe des années d'après-guerre), sans remise en cause globale et immédiate du capitalisme et de l’économie de marché. Ce qui prime est la volonté d'éliminer la pauvreté et de réduire les inégalités, même si on est très loin d’y être arrivé complètement, de redistribuer les richesses, de récupérer les ressources naturelles, le tout s'accompagnant d'une prise de distance vis à vis du libre-échange. L’Amérique latine s’installe entre la gauche et le centre gauche.
A partir du début des années 2000, l’objectif prioritaire des luttes de tous les mouvements sociaux latino-américains a été de mettre un coup d’arrêt au projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA ou ALCA en espagnol et en portugais), de l'Alaska à la Terre de Feu, impulsé par Washington. Ce projet aurait en effet permis aux Etats-Unis d’institutionnaliser des relations totalement asymétriques et de recoloniser ainsi le reste de l’hémisphère. Le libre-échange est en effet un outil au service des forts et au détriment des faibles. Le projet a finalement été enterré en 2005 sous la pression conjointe de Hugo Chavez, de Lula et de Nestor Kirchner.
De nouvelles structures d'intégration, essentiellement politiques, ont ensuite vu le jour, sans que les Etats-Unis soient conviés à en faire partie : en 2008, l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) dotée de surcroît d'un Conseil de défense. C’est une « première » depuis le Traité de Rio de 1947, dit Traité américain d’assistance réciproque (TIAR), qui n’était ni plus ni moins qu’un instrument permanent d’intervention de Washington. D’un point de vue géopolitique, il s’agit de renforcer le mouvement vers une pluri-polarité du monde.
Quant à la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) qui regroupera tous les pays de ces deux zones (dont Cuba), elle sera officiellement mise en place en décembre prochain à Caracas.
Par ailleurs, en décembre 2004, a été lancée par Cuba et le Venezuela une construction inter-étatique radicalement nouvelle : l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), à laquelle se sont ensuite incorporés la Bolivie, le Nicaragua, l'Equateur et trois petits Etats anglophones (La Dominique, Antigua-et-Barbuda et Saint-Vincent-et-les Grenadines). Le Honduras, qui en était également membre, en a été retiré par les putschistes qui ont renversé le président Manuel Zelaya en juin 2009.
Quelle est l'originalité de l’ALBA ?
Ce n'est pas une zone de libre-échange, mais un espace politique et économique organisé, fondé sur la solidarité, la complémentarité et la prise en compte des asymétries.
Sa finalité est avant tout sociale : la lutte contre la pauvreté, le chômage, l’exclusion, pour l'accès gratuit et universel à l’éducation et la santé, pour la préservation de l’environnement. En favorisant le commerce intra-zone, parfois sous forme de troc, et en réduisant au maximum l'utilisation du dollar comme monnaie d’échange. D'où la création d'une monnaie commune virtuelle des pays de l'ALBA (comme l'était, en Europe, l'ECU avant l'euro) : le SUCRE.
L’Amérique latine est-elle unie idéologiquement ? N’y a-t-il pas deux pôles : d’un côté les pays de l’ALBA, justement, et, de l’autre, le Brésil ?
Par ignorance ou pour tenter d'isoler les gouvernements les plus engagés dans la transformation sociale et le refus de l'ingérence de Washington (en premier lieu le Venezuela), les grands médias prétendent qu’il y aurait « deux gauches » qui s'opposent en Amérique latine : d’un côté une gauche radicale, celle de Chavez, Correa et Morales, et, de l’autre, une gauche « raisonnable », représentée par le Brésil de Lula puis de Dilma Roussef, l'Uruguay, le Pérou d'Ollanta Humala et l'Argentine de Cristina Fernandez, veuve de Nestor Kirchner, triomphalement réélue à la présidence le 23 octobre (si tant est que l'on puisse ainsi classer le péronisme).
En fait, on constate un continuum entre les gauches de ces pays, chacune ayant sa spécificité. Elles s’emboîtent les unes dans les autres. Leurs dirigeants se rencontrent ou se parlent en permanence et sont animés d'une volonté commune : celle de construire la Grande patrie latino-américaine pensée par Simon Bolivar, d'oeuvrer à la justice sociale et de se débarrasser de la tutelle du grand voisin du Nord.
Bien sûr il existe des conflits historiques, comme entre la Bolivie et le Chili, mais que nul ne songe plus à trancher par les armes. Plus prosaïquement, se présentent des contentieux économiques qui se règlent au fur et à mesure : entre le Brésil et l’Argentine sur les importations ; entre l’Argentine et l’Uruguay sur la construction d’une usine de pâte à papier qui présentait des risques de pollution du fleuve Uruguay, etc.
Au plan politique, on peut parler d’une véritable convergence. En Colombie, le nouveau président, Juan Manuel Santos, a pris le contrepied de son prédécesseur Alvaro Uribe en se réconciliant avec le Venezuela. Il se comporte comme un membre de la grande famille latino-américaine et non plus comme un relais régional des Etats-Unis. L’autre Etat pro-américain, le Pérou, est également passé au centre-gauche avec l’élection de Ollanta Humala. Il y a un seul gouvernement ouvertement de droite, celui du Chili, dirigé par l’homme d’affaires Sebastian Pinera, qui a annoncé qu’il voulait gérer le pays comme une entreprise : c’est un échec lamentable !
Cette réussite n’est-elle pas très dépendante d’un fort protectionnisme, et de ressources énergétiques et en matières premières importantes ?
Ce protectionnisme n’est pas si fort, et en tout cas pas plus que celui des Etats-Unis ! Mais il n’y a effectivement plus de course aux traités de libre-échange ! Ensuite, il faut reconnaître que la politique d’aide aux plus démunis en Argentine est financée par le boom des exportations agricoles, notamment du soja, et elle n’est tenable que si ces exportations se maintiennent à un très haut niveau. Quant à la manne pétrolière du Venezuela, évidemment, le pays en vit, mais, contrairement à ses prédécesseurs, Chavez en a fait bon usage pour le financement de programmes sociaux de très grande envergure. Il en a également fait profiter les pays d’Amérique central et de la Caraïbe, via le projet PetroCaribe. Combien de dirigeants diraient comme lui : « Le hasard a fait que le pétrole est ici, mais il appartient à l’Amérique du Sud » ?
Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions. En Amérique latine, et en premier lieu au Brésil, la richesse est toujours scandaleusement mal répartie. Et pourtant Lula a quitté le pouvoir avec 80% d’opinions favorables. Que s’est-il passé ? Dans son bilan, il a évoqué les 30 millions de personnes sorties de la pauvreté et l’émergence des classes moyennes. Mais s’il a été plébiscité par les classes populaires et moyennes, il l’a aussi été par les couches les plus riches qui, sous ses deux mandats, sont devenues encore plus riches ! La forte croissance a fait grossir le gâteau, mais n’a pas modifié la répartition des tranches.
Comment ont évolué les rapports entre les Etats-Unis et l’Amérique latine ?
A l’orée de son premier mandat, George Bush – qui baragouine l’espagnol -, avait annoncé son intérêt pour le sous-continent, ce qui n’était pas de bon augure. Les circonstances ont fait qu’il s’est trouvé mobilisé ailleurs après le 11 septembre. Le malheur des uns…
Il faut cependant mettre à son « actif », l’appui au coup d’Etat avorté du 11 avril 2002 au Venezuela, comme à l’ « actif » d’Obama l’appui de fait au coup d’Etat de juin 2009 au Honduras contre le président élu Manuel Zelaya. La politique des Etats-Unis en Amérique latine est restée pratiquement identique d’un président à l’autre. Mais elle a trouvé en face d’elle un continent de plus en plus soudé pour lui résister. En témoignent, comme nous l’avons vu plus haut, l’échec de la ZLEA, la création de l’ALBA, de l’UNASUR et de la CELAC.
Aujourd’hui, la priorité des priorités de Washington est de déstabiliser le Venezuela dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre 2012 à laquelle Chavez sera à nouveau candidat. Les services américains financent les opposants au gouvernement bolivarien, organisent contre lui des campagnes de presse, parfois grotesques, mais qui trouvent des relais complaisants dans les grands médias, plus particulièrement en Espagne et en France.
Dans les mois qui viennent, il faut s’attendre à une intensification de la désinformation contre Chavez. A cet effet, les agents de la CIA implantés dans les ambassades américaines sont à la manoeuvre un peu partout en Europe. Un de leurs objectifs est de créer un « cordon sanitaire » autour du gouvernement vénézuélien pour l’isoler non seulement de la droite, mais aussi des forces de gauche en Europe. Sont aussi visés les mouvements de solidarité avec le Venezuela et l’Amérique latine.
L’Amérique latine pourrait-elle servir d’exemple à l’Europe ?
Bien sûr ! Ce qui frappe en Amérique latine, c’est que l’intégration passe moins par l’économique que par le politique. C’est la volonté politique qui prime, l’exemple de l’ALBA étant à cet égard significatif. C’est aujourd’hui le continent le plus stable du monde, on devrait donc s’y intéresser ! Or ce qui est sidérant, c’est le peu d’intérêt que la majorité de la gauche européenne lui porte, pour partie en raison du matraquage médiatique hostile. A cet égard, les agissements de la CIA et du département d’Etat ont porté leurs fruits. Le terrain est d’autant plus facile à occuper pour la propagande américaine que peu nombreux sont les dirigeants de gauche qui ont un minimum de culture « latine » et qui parlent espagnol ou portugais.
Ceux qui ont une bonne connaissance de l’Amérique latine et qui en tirent vraiment les enseignements sont Alain Lipietz (mais il n’a plus de responsabilités nationales chez les Verts EE) et surtout Jean-Luc Mélenchon. Le candidat présidentiel du Front de gauche y a fait plusieurs voyages d’études, il parle bien l’espagnol, et le titre de son livre Qu’ils s’en aillent tous !est un clin d’œil au mouvement social argentin du début des années 2000 avant l’arrivée au pouvoir de Nestor Kirchner. A un degré moindre, j’ajouterai Olivier Besancenot qui se réfère souvent au Che et qui a fait des visites à Cuba et au Venezuela.
Et, chez les socialistes, Arnaud Montebourg ?
Posez-lui la question ! Je note que, dans son entourage proche, Christiane Taubira, élue de la Guyane, est très sensibilisée aux questions latino-américaines. Par ailleurs, Montebourg a cité la modalité du référendum révocatoire prévue par la Constitution vénézuélienne comme un exemple à suivre pour une VIème République.
Au sein de la gauche du PS, Benoît Hamon et le maire du 14ème arrondissement de Paris, Pascal Cherki, sont également très attentifs à ce qui se passe en Amérique latine. En revanche, je n’ai jamais entendu François Hollande ou Martine Aubry s’exprimer sur le sujet.
Pourquoi ce manque d’intérêt ?
Je crois que l’Amérique latine donne mauvaise conscience aux dirigeants sociaux-démocrates : il y a dans cette région du monde des processus de transformation sociale qu’ils n’auraient peut-être pas le courage de mettre en place en France. Au mieux, ils ne veulent pas voir ce qui se passe là-bas, ils regardent ailleurs. Au pire, ils reprennent à leur compte les campagnes de désinformation et de dénigrement des grands médias.
L’Amérique latine est aujourd’hui la seule région du monde où, certes de manière parfois désordonnée, des gouvernements mettent en œuvre des mesures réellement progressistes, créent les conditions de la participation populaire, rompent avec les dogmes néolibéraux, mettent le projet politique au poste de commandement et instaurent, dans le cas de l’ALBA, des formes de relations internationales fondées sur la solidarité et non pas la concurrence.
Ces expériences mériteraient logiquement d’être étudiées et soutenues par tous les mouvements de gauche en Europe. Ce n’est pas – ou pas encore - le cas. Sans doute parce qu’elles constituent un vivant reproche pour tous ceux qui ont renoncé à changer la société autrement qu’en paroles.
Source : http://zpag.es/8NNl
mercredi 16 mars 2011
Obama ira en Amérique latine malgré la situation au Japon et au Moyen-Orient
WASHINGTON - La tournée que doit entamer en fin de semaine le président des Etats-Unis Barack Obama en Amérique latine est maintenue, malgré les conséquences du terrible séisme qui a frappé le Japon et les violences au Moyen-Orient, a indiqué mardi la Maison Blanche.
"Evidemment, le voyage est toujours au programme. Le président ira en Amérique latine", a déclaré aux journalistes le porte-parole de M. Obama, Jay Carney.
mardi 11 janvier 2011
L'Amérique du Sud vue par les Etats-Unis
Je ne résiste pas à la tentation de partager sur ce blog, la carte de l'Amérique du Sud vue par les voisins nord-américains.
![]() |
| L'Amérique du Sud vue par les Etats-Unis |
Vous retrouverez l'ensemble de la "collection" sur le site internet d'alphadesigner. Je ne saurai que trop vous recommander de consulter ces créations, elles sont pour le moins divertissantes.
samedi 11 décembre 2010
Câble sur la situation politique au Venezuela
L'ambassade américaine à Caracas considère le Venezuela comme un danger pour l'Amérique Latine.
Retrouverez l'intégralité du câble diplomatique ci-dessous.
Retrouverez l'intégralité du câble diplomatique ci-dessous.
mardi 7 décembre 2010
Le Figaro et l'AFP ont frappé...
Nous avons déjà fait mention ici, de la mauvaise foi et/ou de la profonde incompétence de M. Paranagua, journaliste au journal Le Monde, lorsqu'il s'agit de décrire l'actualité latino-américaine de manière générale et encore davantage quand sa plume s'attarde sur le Venezuela et son président Hugo Chavez. Cependant, notre ami va devoir composer avec la farouche concurrence de l'AFP et du Figaro dans la course à la calomnie, et à la diffamation sur l'Amérique Latine.
Je vous laisse découvrir le formidable titre de la dépêche de l'AFP, reprise immédiatement par le Figaro sur les sources de financement du gouvernement Nicaraguayen. "Ortega financé par la drogue et Chavez". On aurait apprécié un peu plus d'imagination, et un "Ortega financé par la drogue de Chavez" aurait permis de faire coup double, tel ne fut pas le choix de la rédaction du Figaro, certainement très attachée au respect des données factuelles...
Il n'en demeure pas moins qu'un tel titre fera son effet sur le lecteur peu attentif pour qui ce seul titre fera office d'information. Néanmoins, celui qui se laissera tenter par la lecture de ce billet apprendra qu'il ne s'agit que de supputations de Paul Trivelli...ex-ambassadeur des Etats-Unis à Managua...
Pas assez de quoi battre M. Paranagua, mais on attend déjà sa réponse...
mercredi 24 novembre 2010
Un concept à contextualiser - Le « populisme » serait-il aujourd’hui une menace pour l’Amérique latine ? - Tribune de Jean Ortiz
Le « populisme » serait-il aujourd’hui une menace pour l’Amérique latine ?
C'est à cette interrogation, ou plutôt aux réponses qu'elle amène, que Jean Ortiz, maître de conférences à l'Université de Pau tente de répondre dans sa tribune du 23 novembre 2010 publiée dans l'Humanité.
Pour l’ancien chef du Commando Sud de Washington pour l’Amérique du Sud, le général James Hill, pas l’ombre d’un doute : la menace principale aujourd’hui sur le « sous-continent », c’est « le populisme radical qui menace le processus démocratique » (le Monde diplomatique, décembre 2007). Hier le communisme, aujourd’hui le « populisme », tous deux satanisés.
Le populisme est un concept flou, commode et attrape-tout, réactivé pour stigmatiser les changements en cours, dénigrer leurs acteurs (dirigeants et peuples). Et ça marche ! De Libération au Monde en passant par El Pais, ils tapent tous sur le même clou. Le sommet d’éthique fut atteint par le Figaro, le 18 août 2004. L’omniscient éditorialiste Alexandre Adler y qualifia le chavisme de « populiste antisémite » et traita le président métis Hugo Chavez de « gorille bolivarien ». On a les élégances que l’on peut et des préjugés tenaces.
jeudi 4 novembre 2010
South of the Border - Oliver Stone
South of the border, le nouveau film-reportage d'Oliver Stone sur les recompositions politiques en Amérique Latine est aujourd'hui disponible en DVD.
Nous vous livrons ici, les prémices de ce documentaire à travers deux bandes annonces.
Vous pouvez retrouver toutes les informations utiles sur le film sur le site internet dédié : http://southoftheborderdoc.com/
Nous vous livrons ici, les prémices de ce documentaire à travers deux bandes annonces.
Vous pouvez retrouver toutes les informations utiles sur le film sur le site internet dédié : http://southoftheborderdoc.com/
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